chapitre transversal

Y a-t-il une violence acceptable?

notions abordées: la justice, le droit, l’État, la liberté, le devoir, le langage. Ainsi que : la morale, autrui, la politique (notions non « officielles » mais tout aussi importantes).

Introduction: analyse du sujet et problématique

À première vue, la violence semble devoir être condamnée sans hésitation : elle blesse, détruit, impose, humilie, fait taire. Elle paraît donc contraire à la morale, au droit et à la dignité humaine. Pourtant, certaines situations troublent cette évidence. Peut-on condamner de la même manière l’agression gratuite et la légitime défense ? Peut-on mettre sur le même plan la violence d’un tyran et celle de ceux qui résistent à son oppression ? Peut-on refuser absolument toute violence, même lorsqu’elle permet de protéger une victime ou d’empêcher une injustice plus grave ?
Il ne va pas s’agir ici de justifier la violence en général, ni de répéter qu’elle est toujours mauvaise. Il s’agit de penser les conditions dans lesquelles une violence pourrait éventuellement être jugée acceptable, sans oublier qu’elle reste toujours grave. La question est difficile parce qu’elle oblige à distinguer plusieurs notions proches mais différentes : la violence, la force, la contrainte, le pouvoir, l’autorité, le droit, la justice et la légitimité.

Commençons par analyser les termes du sujet.
La violence désigne généralement l’usage d’une force qui s’impose à quelqu’un contre sa volonté, en portant atteinte à son corps, à sa liberté, à sa dignité ou à ses droits. Elle peut être physique, comme frapper ou enfermer arbitrairement quelqu’un ; mais elle peut aussi être psychologique, comme intimider, menacer, humilier ou harceler. Il existe également des violences politiques ou sociales, lorsqu’un pouvoir écrase des individus ou des groupes par la peur, l’injustice ou la répression. La violence n’est donc pas seulement le coup porté : elle est plus largement une manière d’imposer quelque chose à autrui en niant sa liberté ou sa dignité.
Le mot « acceptable » doit lui aussi être défini avec soin. Dire qu’une violence est acceptable ne signifie pas qu’elle est bonne, souhaitable, agréable ou sans gravité. Ce qui est acceptable est ce que l’on peut admettre après examen, ce que l’on peut juger défendable dans certaines conditions. Une violence acceptable resterait donc une violence regrettable, mais peut-être nécessaire pour protéger une valeur plus haute : une vie, une liberté, une justice, un droit. Il faudra donc éviter une confusion importante : justifier une violence dans un cas précis ne revient pas à faire l’éloge de la violence en général.
Enfin, l’expression « y a-t-il » invite à chercher s’il existe au moins un cas où une violence pourrait être jugée acceptable. Le sujet n’est donc pas : « La violence est-elle bonne ? » ni « Faut-il être violent ? » Il demande s’il est possible de reconnaître une forme de violence qui, sans être souhaitable, pourrait être admise parce qu’elle répond à une situation exceptionnelle.

Pour penser correctement le sujet, il faut distinguer la violence de notions voisines.
– La force est d’abord une capacité d’action. Elle n’est pas forcément illégitime. Un policier qui retient physiquement une personne dangereuse fait usage de la force ; un parent qui empêche son jeune enfant de traverser la route en courant exerce aussi une contrainte physique. Toute force n’est donc pas automatiquement une violence condamnable. La contrainte désigne le fait de limiter la liberté d’action de quelqu’un. Elle peut être illégitime, par exemple lorsqu’un individu menace un autre pour lui soutirer de l’argent ; mais elle peut aussi être légale et justifiée, comme l’obligation de respecter le code de la route.
– Le pouvoir, lui, désigne la capacité d’agir sur les actions d’autrui. Il peut reposer sur la persuasion, l’organisation collective, la loi ou la confiance.
– L’autorité est une forme de pouvoir reconnue comme légitime : le professeur a autorité dans sa classe non parce qu’il menace physiquement les élèves, mais parce que son rôle est reconnu dans une institution scolaire.
– Le droit désigne l’ensemble des règles qui organisent la vie commune et prétendent remplacer la loi du plus fort par une norme commune. C’est pourquoi il ne faut pas confondre droit et violence : le droit vise en principe à limiter la violence privée et à encadrer l’usage de la force.

Le problème apparaît alors clairement.
D’un côté, la violence semble moralement condamnable parce qu’elle impose au lieu de convaincre, blesse au lieu de dialoguer, domine au lieu de reconnaître l’autre comme une personne. De l’autre côté, certaines situations semblent rendre l’usage de la violence nécessaire, par exemple pour se défendre, protéger autrui, résister à une oppression ou empêcher une injustice extrême. Il faut donc poser le problème suivant : la violence est-elle toujours inacceptable parce qu’elle détruit le droit, la parole et la dignité, ou peut-elle parfois être admise lorsqu’elle protège justement ce que la violence ordinaire détruit ?
 
Nous suivrons une progression en trois moments. Nous verrons d’abord que la violence semble inacceptable parce qu’elle remplace la parole par la domination et menace la dignité humaine. Nous montrerons ensuite que certaines situations, comme la légitime défense ou la résistance à l’oppression, rendent insuffisante une condamnation absolue de toute violence. Enfin, nous chercherons à quelles conditions strictes une violence pourrait être dite acceptable, sans être confondue avec la brutalité, la vengeance ou l’arbitraire.

I. La violence semble d’abord inacceptable parce qu’elle détruit le droit, la parole et la dignité

La première raison pour laquelle la violence paraît inacceptable est qu’elle impose quelque chose à autrui au lieu de chercher à le convaincre. Dans une relation humaine ordinaire, on peut discuter, argumenter, demander, contester, négocier. La parole suppose que l’autre soit reconnu comme un interlocuteur, c’est-à-dire comme quelqu’un qui peut comprendre, répondre, refuser, donner son accord ou exprimer son désaccord. La violence, au contraire, court-circuite cette relation. Elle signifie : « Je n’ai pas besoin de ton accord ; je peux t’imposer ma volonté. »
Prenons l’exemple de l’intimidation. Un élève menace un autre élève pour qu’il lui donne son devoir, son argent ou son silence. Le problème ne se réduit pas au fait qu’il y ait une menace physique possible. Ce qui est déjà violent, c’est que la relation entre deux personnes est détruite : l’un transforme l’autre en objet de pression. L’élève menacé n’est plus traité comme quelqu’un avec qui l’on parle, mais comme quelqu’un que l’on fait céder. La violence commence donc souvent avant même le coup : elle commence lorsque la parole devient impossible parce que la peur prend sa place.
C’est pourquoi la violence rompt le dialogue. Elle ne cherche pas à établir une vérité commune ou une règle partagée ; elle cherche à obtenir un résultat par domination. Le harcèlement en donne un exemple clair. Dans le harcèlement, la violence peut être faite de gestes, de mots, de moqueries répétées, d’exclusion ou de menaces. Elle enferme la victime dans une position où elle ne peut plus répondre à égalité. Même lorsqu’il n’y a pas de blessure physique, il y a atteinte à la dignité, car la personne est réduite à ce que les autres veulent faire d’elle : un objet de rire, de rejet ou de contrôle.

référence : Kant
Le philosophe de Königsberg défend l’idée que toute personne humaine possède une dignité, c’est-à-dire une valeur qui ne se mesure pas comme le prix d’un objet. Un objet peut être utilisé comme un simple moyen : un stylo sert à écrire, une chaise sert à s’asseoir. Mais une personne ne doit jamais être traitée seulement comme un instrument au service de nos intérêts. Bien sûr, nous nous rendons tous mutuellement des services : un commerçant me vend du pain, un conducteur de bus me transporte, un professeur m’instruit. Mais dans ces cas, l’autre reste reconnu comme une personne, avec des droits, une liberté, une dignité. La violence devient moralement problématique lorsqu’elle réduit autrui à un simple obstacle à supprimer ou à un simple moyen à utiliser.
Si quelqu’un frappe une personne pour lui voler son sac, il ne la considère pas comme une personne ayant des droits, mais comme un obstacle entre lui et ce qu’il désire. Si un groupe humilie quelqu’un pour affirmer sa supériorité, il utilise la souffrance de cette personne comme moyen de domination. Dans ces cas, la violence nie la dignité humaine parce qu’elle refuse de reconnaître l’autre comme un être qui vaut par lui-même.

référence : Arendt
On peut aussi mobiliser Hannah Arendt pour distinguer pouvoir et violence. Arendt montre que le pouvoir véritable ne se réduit pas à la capacité de contraindre physiquement. Le pouvoir existe lorsque des êtres humains agissent ensemble, s’accordent, reconnaissent une autorité ou participent à une institution commune. La violence, elle, apparaît souvent lorsque le pouvoir manque ou s’effondre. Un chef respecté n’a pas besoin de frapper pour être entendu ; un gouvernement légitime n’a pas besoin de terroriser constamment sa population. À l’inverse, lorsqu’un pouvoir ne parvient plus à obtenir l’adhésion, il peut être tenté de compenser par la violence : répression arbitraire, arrestations injustifiées, menaces, surveillance oppressive.
Cette distinction est importante, car on confond souvent pouvoir et violence. On pense parfois qu’avoir du pouvoir, c’est pouvoir forcer. Mais un pouvoir qui ne repose que sur la peur est fragile. Il peut obtenir l’obéissance extérieure, mais il ne produit pas une véritable reconnaissance. Une classe dans laquelle le professeur ne serait obéi que parce qu’il hurle ou menace constamment ne serait pas une classe bien gouvernée. L’autorité pédagogique suppose autre chose : une règle comprise, une fonction reconnue, une parole crédible. De même, dans la vie politique, une autorité légitime n’est pas simplement celle qui dispose de la force ; c’est celle dont l’usage de la force est encadré par le droit et orienté vers l’intérêt commun.

référence : Rousseau
Le penseur genevois permet de préciser encore cette distinction entre force et droit. Selon lui, la force peut contraindre, mais elle ne crée pas à elle seule une obligation morale. Si un voleur me menace avec une arme et me force à lui donner mon argent, je suis bien obligé matériellement d’obéir. Mais je ne suis pas moralement obligé de reconnaître qu’il a raison. Sa force ne devient pas un droit. Rousseau veut montrer qu’il ne suffit pas d’être le plus fort pour être légitime. Autrement dit, la puissance de fait ne fonde pas la justice.
Cette distinction est décisive car une violence peut réussir ; elle peut faire peur, obtenir l’obéissance, écraser une opposition, imposer une décision. Mais son efficacité ne prouve pas sa légitimité. Si un État arrête arbitrairement des opposants, il peut imposer le silence ; mais ce silence n’est pas un consentement. Si un individu menace quelqu’un pour obtenir ce qu’il veut, il peut atteindre son objectif ; mais il n’a pas pour autant raison. La violence est donc suspecte parce qu’elle risque toujours de remplacer la question du juste par la simple victoire du plus fort.

Il faut cependant éviter une confusion : toute contrainte n’est pas nécessairement une violence injuste. Une loi qui interdit de conduire en état d’ivresse contraint les individus, mais cette contrainte protège autrui. Un juge peut condamner une personne à une peine prévue par la loi ; cette décision limite une liberté, mais elle n’est pas arbitraire si elle respecte les droits de la défense et les règles de justice. Un policier peut employer la force pour empêcher une agression en cours ; ce n’est pas la même chose qu’un usage brutal et gratuit de la force. La différence tient à la justification, à l’encadrement et à la finalité.
Ainsi, la violence semble d’abord inacceptable parce qu’elle détruit ce qui rend possible une vie humaine commune : la parole, le respect, le droit, la reconnaissance de la dignité d’autrui. Elle transforme l’autre en obstacle, en objet ou en ennemi. Elle substitue la domination à l’argumentation. Mais cette première conclusion soulève une difficulté. Si la violence détruit le droit, que faire lorsque le droit lui-même est détruit par une violence première ? Si une personne est agressée, si un peuple est opprimé, si une victime est menacée, peut-on encore dire qu’il faut refuser absolument toute violence ? C’est ce qui nous conduit à examiner les cas où la violence semble pouvoir être défendue.

II. Pourtant, certaines violences semblent pouvoir être justifiées lorsqu’elles répondent à une injustice ou empêchent un mal plus grand

Condamner toute violence sans exception paraît d’abord moralement noble. Cela exprime le refus de blesser, d’humilier, de dominer. Pourtant, une condamnation absolument générale peut devenir insuffisante lorsqu’elle empêche de distinguer l’agresseur et celui qui se défend, le tyran et celui qui résiste, la brutalité gratuite et l’intervention destinée à protéger une victime. Le problème n’est donc pas seulement de savoir si la violence est mauvaise en général ; il est de savoir si certaines situations rendent son usage défendable.
La légitime défense est l’exemple le plus simple. Si une personne est attaquée et qu’elle repousse son agresseur par la force, son geste est violent au sens où il impose physiquement quelque chose à l’autre. Mais cette violence n’a pas le même sens que celle de l’agression initiale. Elle ne cherche pas à dominer, à voler, à humilier ou à détruire ; elle vise à empêcher une atteinte injuste. Si quelqu’un intervient pour protéger une personne frappée dans la rue, il peut être amené à pousser ou maîtriser l’agresseur. Ce geste peut être regrettable, mais il peut aussi être jugé nécessaire. Refuser toute violence dans cette situation reviendrait peut-être à abandonner la victime à la violence de l’agresseur.
On comprend alors que la non-violence absolue pose une difficulté : elle peut être admirable comme idéal moral, mais elle devient problématique si elle interdit de protéger les plus vulnérables. Il ne suffit pas de dire « la violence est mauvaise » ; il faut aussi demander ce que l’on fait face à une violence déjà présente. Dans certains cas, ne pas intervenir peut laisser se poursuivre une violence plus grave. C’est pourquoi une violence défensive semble parfois moralement distincte d’une violence offensive.

référence : Hobbes
Hobbes permet de penser cette question à l’échelle politique. Le philosophe anglais imagine ce que serait la vie humaine sans État, sans lois communes et sans autorité capable d’imposer la paix. Dans cet « état de nature », chacun craindrait les autres, chacun chercherait à se protéger par ses propres moyens, et la violence risquerait de devenir générale. Pour sortir de cette insécurité, les hommes acceptent de confier à l’État le pouvoir d’établir des lois et de les faire respecter. L’État naît donc, chez Hobbes, du besoin de sortir d’une violence généralisée. Son rôle est d’empêcher que chacun se fasse justice lui-même.
Cette perspective hobbesienne aide à comprendre pourquoi un certain usage de la force publique peut être justifié. Si personne ne pouvait arrêter un agresseur, contraindre un criminel, protéger une victime ou faire appliquer une décision de justice, le droit resterait impuissant. Une société entièrement privée de force légale risquerait de laisser triompher la force privée. Autrement dit, le refus absolu de toute contrainte pourrait paradoxalement favoriser les plus violents.
Mais cette justification doit être maniée avec prudence. Hobbes montre pourquoi l’État doit être assez fort pour empêcher la guerre de tous contre tous. Cependant, cela ne signifie pas que toute violence exercée par l’État soit automatiquement acceptable. Une répression arbitraire, une arrestation injustifiée, un usage disproportionné de la force ou une torture pratiquée au nom de l’ordre restent moralement condamnables. Le fait qu’une violence vienne d’une institution ne suffit pas à la rendre juste.

La résistance à l’oppression pose une autre difficulté. Supposons un régime politique qui prive les citoyens de leurs droits fondamentaux, empêche toute opposition, interdit la parole libre et utilise la peur pour se maintenir. Dans un tel contexte, demander aux opprimés de respecter absolument un ordre injuste peut sembler contradictoire. Si le droit est devenu l’instrument de la domination, ceux qui résistent peuvent considérer leur violence comme une réponse à une violence première.
Il faut ici distinguer l’ordre et la justice. Tout ordre n’est pas juste. Une société peut être calme parce que les individus ont peur. Une tyrannie peut produire une apparence d’ordre tout en reposant sur une violence permanente. La révolte ou la révolution se présentent alors parfois comme des tentatives de briser une violence installée. Cela ne signifie pas que toute révolte soit juste, ni que toute révolution soit acceptable. Mais cela montre que la violence ne commence pas toujours avec ceux qui se soulèvent ; elle peut être déjà présente dans l’oppression subie.

référence : Camus
Dans sa réflexion sur la révolte, Camus montre que se révolter, ce n’est pas seulement dire non ; c’est aussi affirmer une limite. Celui qui se révolte dit : « Jusque-là, oui ; au-delà, non. » Il refuse une humiliation ou une injustice devenue insupportable. Mais Camus insiste aussi sur le danger de la révolte lorsqu’elle oublie sa limite. Une révolte née du refus de l’injustice peut devenir elle-même injuste si elle se transforme en vengeance, en meurtre illimité ou en domination nouvelle. Autrement dit, la révolte peut être moralement compréhensible, mais elle doit rester fidèle à ce qu’elle défend : la dignité humaine.
Cette idée est essentielle car il ne suffit pas de dire qu’une violence est « compréhensible » pour dire qu’elle est « acceptable ». Une personne humiliée peut vouloir se venger ; sa colère est compréhensible, mais cela ne justifie pas forcément tous ses actes. Un groupe victime d’injustice peut se révolter ; sa révolte peut être défendable, mais elle devient problématique si elle attaque indistinctement des innocents. Une violence peut être expliquée par des causes sociales, psychologiques ou politiques sans être moralement approuvée.

Il faut donc distinguer trois niveaux.
– Une violence compréhensible est une violence dont on peut expliquer les causes : par exemple, une explosion de colère après une longue injustice.
– Une violence justifiable est une violence pour laquelle on peut donner des raisons morales : par exemple, repousser un agresseur pour protéger une victime.
– Une violence acceptable est encore plus exigeante : elle doit non seulement avoir une raison, mais aussi respecter certaines limites. Elle doit être nécessaire, proportionnée, orientée vers une finalité juste et ne pas devenir cruauté.

référence : Rousseau
Rousseau nous rappelle qu’une force ne devient pas automatiquement un droit. Cela vaut pour l’agresseur, mais aussi pour celui qui répond à l’agression. Le fait d’avoir subi une injustice ne donne pas un droit illimité à exercer n’importe quelle violence. La victime ne devient pas automatiquement juste dans tous ses actes simplement parce qu’elle a d’abord été victime. Une cause juste peut être trahie par des moyens injustes. C’est pourquoi la résistance à l’oppression pose toujours la question des limites.
Nous pouvons donc avancer ici une conclusion intermédiaire : certaines violences semblent défendables lorsqu’elles répondent à une violence première, empêchent un mal plus grand ou protègent une victime. La légitime défense, l’intervention pour secourir autrui ou la résistance à une tyrannie ne peuvent pas être confondues avec l’agression gratuite. Mais cette reconnaissance ouvre un nouveau problème : selon quels critères peut-on dire qu’une violence est acceptable ? À quelles conditions éviter qu’une violence défensive ou libératrice ne devienne à son tour brutalité, vengeance ou domination ? C’est l’objet de la troisième partie.

III. Une violence ne peut être dite acceptable qu’à des conditions strictes